
Lotus · Barquette Sport 1100
Restauration Lotus Eleven châssis 515 — Le Mans 1958
Engagée aux 24 Heures du Mans 1958 sous le n° 39, la Lotus Eleven châssis 515 a été restaurée puis préparée pour la course par l’atelier O-ONE, à Bazainville, dans les Yvelines. Environ 850 heures de travail, son moteur Coventry Climax refait dans sa cylindrée d’origine de 1 098 cm³ et ses pièces d’époque conservées. Elle court depuis en Gentlemen Challenge, dans les championnats Peter Auto.
Histoire du modèle
Dessinée par Colin Chapman et habillée par l’aérodynamicien Frank Costin, la Lotus Eleven a dominé les petites cylindrées à la fin des années 1950. Le châssis 515 a couru les 24 Heures du Mans 1958.
1956
7e au général des 24 Heures du Mans pour la Lotus Eleven
#39
Le châssis 515 aux 24 Heures du Mans 1958
2e-3e
Très souvent sur le podium de l’indice de performance en Peter Auto
Lotus Eleven : la légèreté selon Colin Chapman
Produite de 1956 à 1958 à environ 270 exemplaires, la Lotus Eleven applique la règle de Colin Chapman : simplifier, puis alléger. Son châssis tubulaire porte une carrosserie en aluminium dessinée par Frank Costin, ancien ingénieur aéronautique chez De Havilland. Avec un Coventry Climax de 1 100 cm³, elle pèse environ 450 kg en ordre de marche.
Le modèle se révèle d’emblée : 7e au général des 24 Heures du Mans 1956, record de vitesse de catégorie à Monza la même année avec Stirling Moss, indice de performance au Mans en 1957. La Série 2 reçoit un pont De Dion et des freins à disque arrière montés in-board.
Le châssis 515 est engagé aux 24 Heures du Mans 1958 par l’écurie Car Exchange, avec le soutien de l’usine, pour Bill Frost et Bob Hicks, sous le n° 39, en catégorie 1100. Sous une pluie torrentielle, la voiture sort de la piste à Mulsanne avant la troisième heure et se fait percuter par une Alfa Romeo Giulietta. Reconstruite aux États-Unis dans les années 1980, où elle court en SCCA, elle revient en Europe en 1991 et participe au Le Mans Classic de 2010 à 2016, puis aux Grandes Heures de Montlhéry.
Archives
La 515 aux 24 Heures du Mans 1958
Deux photographies d’époque montrent le châssis 515 au Mans en juin 1958, sous le n° 39 de l’écurie Car Exchange, avec Bill Frost et Bob Hicks.



Le projet O-ONE
Rendre la 515 compétitive sans trahir son histoire
La Lotus est arrivée à l’atelier en voiture de collection « dans son jus » : authentique, mais avec une mécanique fatiguée et peu compétitive. L’objectif était double, la restaurer et la préparer pour la compétition historique, sans lui retirer ce qui fait sa valeur.
Les pièces qui portent son histoire ont été préservées, contrôlées et vérifiées : châssis tubulaire, réservoir, planche de bord, volant, trains roulants. Le châssis a été décapé puis repeint, la carrosserie en aluminium reprise en tôlerie, mise en peinture au vert anglais et redécorée aux couleurs Team Lotus, avec son n° 39 et son immatriculation britannique 2411 HP.
Le moteur Coventry Climax FWA a été entièrement refait en 1 100 cm³ : nous avons choisi de respecter la cylindrée d’origine plutôt que de passer en 1 500. La boîte de vitesses a été fiabilisée et le pont refait en deux versions, longue pour Le Mans et courte pour les autres circuits. Amortisseurs, faisceau électrique et refroidissement ont été repris, et la voiture a retrouvé ses carburateurs Weber 38 DCO3 d’origine, devenus rarissimes. La mise au point s’est faite au banc de puissance de l’atelier, puis en piste.
« Il est très important de respecter l’histoire de la voiture et les pièces qui la constituent. »
Le chantier
La restauration en six actes
Conserver ce qui fait son histoire, refaire ce qui la freinait : six étapes, de la caisse mise à nu à la mise au point au banc.

Acte 01
Préserver l’authentique
Châssis, réservoir, planche de bord, volant et trains roulants d’origine sont conservés, contrôlés et vérifiés avant tout démontage.

Acte 02
Châssis décapé et repeint
Le châssis tubulaire est mis à nu, contrôlé, puis remis en peinture en cabine.

Acte 03
Tôlerie et carrosserie aluminium
Reprise en tôlerie de la carrosserie en aluminium, panneau par panneau, puis ajustage et préparation des surfaces.

Acte 04
Peinture et décoration Team Lotus
Peinture au vert anglais, puis décoration d’époque : n° 39, filet jaune, lettrage Team Lotus et immatriculation 2411 HP.

Acte 05
Moteur Coventry Climax refait en 1 100
Réfection complète du Coventry Climax FWA dans sa cylindrée d’origine : bloc, vilebrequin, chemises, pistons, culasse et carburateurs Weber 38 DCO3.

Acte 06
Boîte, pont et mise au point
Boîte fiabilisée, pont refait en deux rapports, trains et freinage repris, puis mise au point au banc de puissance et en piste.
Carnet technique
Lotus Eleven Série 2 Le Mans
Caractéristiques du châssis 515 dans sa configuration de course actuelle.
- Année
- 1958
- Châssis
- Tubulaire, n° 515 d’origine conservé
- Carrosserie
- Aluminium, dessin de Frank Costin
- Moteur
- Coventry Climax FWA, 4 cylindres 1 098 cm³, refait en cylindrée d’origine
- Alimentation
- Deux carburateurs Weber 38 DCO3 d’origine, devenus rarissimes
- Boîte de vitesses
- Type MGA, fiabilisée
- Suspension
- Pont De Dion à l’arrière, amortisseurs repris
- Freinage
- Disques, freins arrière in-board
- Réservoir
- D’origine, conservé et contrôlé
- Poids
- Environ 450 kg en ordre de marche, annoncés pour le modèle
- Éligibilités
- Gentlemen Challenge (Peter Auto), Le Mans Classic
- Pont
- Deux rapports : long pour Le Mans, court pour les autres circuits
Après l’atelier
Plusieurs saisons en Peter Auto, et un podium
Depuis sa sortie d’atelier, la 515 court dans les championnats Peter Auto, en Gentlemen Challenge : Spa-Classic, Espíritu de Montjuïc à Barcelone, Grand Prix de l’Âge d’Or à Dijon, Le Mans Classic. Elle a aussi couru au Goodwood Revival et s’est présentée au concours d’élégance Chantilly Arts & Elegance en 2024. Ultra-légère, avec un moteur très pointu, elle est taillée pour l’indice de performance : elle s’y classe très souvent deuxième ou troisième, et l’équipage est monté sur le podium du Grand Prix de l’Âge d’Or 2024.
O-ONE assure à la fois sa préparation et son exploitation sur circuit, du paddock à la grille de départ. Pour une barquette des années 1950, l’atelier de Bazainville, dans les Yvelines, réunit sous le même toit la mécanique, la réfection moteur, la tôlerie, la peinture, le banc de puissance et l’assistance en course.

Le résultat
Authentique, et sur le podium
Environ 850 heures de travail à l’atelier O-ONE : conservation des pièces d’origine, châssis, tôlerie et peinture, moteur Coventry Climax, boîte, pont, trains roulants et mise au point au banc, menés comme un seul projet.
L’enjeu : rendre compétitive une barquette de 1958 sans rien lui retirer de son histoire, puis l’exploiter en course, saison après saison, jusqu’au podium du Grand Prix de l’Âge d’Or 2024.
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